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De l'autorité magistrale  -  par JPG

Ancien professeur d'école normale devenu sous-préfet puis secrétaire d'ambassade, Yves Lorvellec a notamment enseigné la culture générale dans les classes préparatoires à Toulouse. Cet article, lisible complètement sur ce site, reprend une contribution à un ouvrage collectif à paraître, "L'école et l'autorité".

"Les dévoiements actuels de l'autorité pédagogique sont la conséquence logique de l'ouverture de l'école sur la vie. Nul ne semble plus vouloir se souvenir des combats menés pour obtenir le droit universel à un temps de l'existence soustrait, au nom de ce qui est dû à l'esprit, au bruit et aux passions de la société civile – le droit à l'instruction publique. Nous ne voulons plus, semble-t-il, d'une institution spécifique vouée au loisir studieux à l'abri du monde et estimons que pour être de son temps, l'école doit être dans son temps.

L'école devient alors un lieu banalisé, un carrefour où passent tous ceux qui jugent, à tort ou à raison, avoir à intervenir dans la formation de la jeunesse (parents, élus locaux, policiers, chefs d'entreprise, psychologues, magistrats, assistants sociaux, animateurs culturels, médecins…). Le maître n'est plus qu'un acteur parmi d'autres, et donc injustement tenu pour plus responsable que les autres, d'une entreprise éducative extensive et indifférenciée où l'enseignement ordonné des savoirs essentiels ne bénéficie d'aucun privilège. Mille formes d'autorité sociale, mille convoitises corporatistes ou mercantiles s'y côtoient, qui enjoignent, conseillent, prescrivent, recommandent, dans la plus grande confusion – mais à l'intérieur d'un registre commun qui est celui de la persuasion et de la séduction.

A supposer qu'il reste encore un peu de temps pour l'étude, le maître instruit qui voudrait enseigner quelque chose à ses élèves se trouvera immanquablement dans une situation bientôt intenable par rapport à toutes ces pratiques qui empruntent leurs méthodes à l'art des marchands. Comment peut-il en appeler au travail et à la volonté quand ses concurrents, car il faut bien les appeler ainsi, ne s'adressent qu'au désir, à la curiosité distraite, aux motivations ? Comment contraindre l'élève à être libre, pour reprendre la formule de Kant, quand il lui est proposé de façon si insinuante de n'être que conforme, adapté – de ne pas faire peur au monde dans lequel il va entrer ? Comment l'élève, flatté comme un barbare que l'on craint, ne jouerait-il pas de son pouvoir d'effrayer aussitôt que les exigences du savoir le somment de s'extraire de son infantilisme repu ? Il ne revient pas au pouvoir politique de se substituer à l'autorité des maîtres ; mais il lui revient de restaurer l'autorité de l'école comme institution où les jeunes générations se consacrent à l'étude sous la direction de maîtres savants. Il en va de la survie d'un monde commun constitué de citoyens libres parce qu'éclairés."

Publié le 03/08/2008 - 12:39  
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